Pour ce deuxième épisode, on s’est entretenu avec Mathilde. On a parlé de tourisme local, de sac à dos de fruits et légumes, mais aussi de liens familiaux et de notre belle planète qui est fatiguée. On vous laisse en bonne compagnie !

Comment vas-tu (après ces 2 mois extra-ordinaires) ?

Je vais très bien, cette période particulière a été l’occasion comme pour beaucoup de me poser et de réfléchir à mes motivations, mes projets, mes valeurs et ce que je voulais faire de mon quotidien. Ça a été une phase où j’ai peu à peu réussi à me détacher de ma carrière de haut niveau et à tourner la page vers un nouveau chapitre de ma vie.

Je me suis aussi rendue compte de l’importance de ma famille, de mes ami(e)s et de toutes ces petites choses simples du quotidien qui participent à mon bonheur.

Comment vont tes projets ? Est-ce que le confinement a-eu un impact – financier, organisationnel, philosophique ? Négatif, ou positif bien sûr !

Mes projets ont été décalés (notamment celui au Népal), mais ce n’est que reculer pour mieux sauter! Donc aucun regret.Le confinement a surtout eu un impact philosophique avec beaucoup d’introspection et de remises en question sur mes choix, mes envies et mes actions au quotidien.

Chez Arkose, on parle beaucoup de « Développement Durable », de RSE (Responsabilité Sociétal de l’Entreprise, de carbone… Qu’est-ce que ça veut dire pour toi ? Est-ce qu’il y a des sujets plus difficiles que d’autres ? Est-ce que tu aurais des exemples d’actions simples à partager, que tu mets toi-même en place au quotidien ?

Justement j’allais y venir! Pour moi ça veut dire tout simplement de vivre en harmonie et respect avec son environnement. On se rend enfin compte que la planète ne possède pas de ressources inépuisables et que nous avons bien plus pris que donné… On se réveille enfin et c’est indispensable!

Effectivement j’ai revu ma pratique de l’escalade en rapport avec cette conscience écologique. Il y a peu de temps je rêvais encore de spots à l’autre bout du monde, de voyages, de découvertes. Mais aujourd’hui, j’aborde les voyages différemment. Pas besoin d’aller au bout du monde pour se dépayser, tout dépend avec quel regard on voyage 🙂

J’ai donc décidé de grimper moins en extérieur car je n’ai pas beaucoup de sites naturels proches et de partir en vacances dans les régions alentours. Pour les projets à l’étranger, ils seront beaucoup plus étudiés et avec des contreparties sur place pour compenser le voyage.

Au quotidien, je fais maintenant quasiment tout à vélo (notamment les courses avec mon sac de montagne blindé de 10-15kg de fruits et légumes, ça met la caisse!!), je consomme bio et local au maximum, plus de produits plastiques, je réutilise les sachets, je prends les transports en commun, j’achète du seconde main ou je fabrique moi même…

On parle aussi pas mal « d’athlète à impact positif » ou « d’athlète à mission » au sein de Be The Hero. De « simples jolis mots compliqués », ou est-ce que cela résonne en toi ? Si tu devais utiliser tes propres mots, comment le dirais-tu ?

Ça raisonne complètement ! Je dirai qu’un athlète à impact positif est un athlète qui véhicule des valeurs qui lui sont chères en toute authenticité. Qui n’essaye pas de plaire à telle ou telle marque, qui revendique ce en quoi il croit et qui de ce fait inspire par ses paroles et surtout ses actions!

Un dernier mot, une dernière idée, une petite citation ?

« Une vie ne se mesure pas en nombre d’années mais par le nombre de personnes que l’on a touchées au cours de notre vie »

En hommage à la brillante Luce Douady…